Ciné-club : le meilleur moment de cette année...

par Manfred Oukaled

S’il y a eu comme l’année dernière durant nos séances des moments plus conviviales ou mémorables que d’autres, je tiens ici même à faire part de la séance que je retiendrais s’il m’était demandé de n’en retenir qu’une.
Elle s’inscrivait dans le cadre du cycle consacré aux génériques (quelle est leur utilité, peut-on s’en passer, est-il possible de déjà raconter une histoire pendant celui-ci, etc...). Qu’est-ce donc que le générique si ce n’est finalement une mise en condition du spectateur ? Il faudrait plutôt pour répondre à cette question laisser la parole au grand Saul Bass (1920/1996) qui a à lui seul contribué à en révolutionner définitivement l’approche car comme il le disait lui-même : " Mon idée de départ était qu’un générique pouvait mettre dans l’ambiance et souligner la trame narrative du film pour évoquer l’histoire de manière métaphorique. Je voyais le générique comme une façon de conditionner le public de façon à ce que, lorsque le film commence, il ait déjà un écho émotionnel chez les spectateurs. J’étais convaincu que le film commence vraiment dès la première image."
Quoiqu’il en soit, durant ce cycle, les membres ont eu l’occasion de visionner les débuts de films tels que Tarzan (1932) de W.S. Van Dyke, Spartacus (1960) de Stanley Kubrick, X-men (1999) de Brian Synger, La mort aux trousses (1959) ainsi que Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock, Sucker Punch (2011) de Zack Snyder, La communauté de l’anneau (2001) de Peter Jackson, Trapèze (1956) de Carol Reed, Il faut sauver le solday Ryan (1998) de Steven Spielberg, Batman : the dark knight (2008) de Christopher Nolan. Plusieurs d’entre eux ont justement eu leur générique d’ouverture pensée conçue et réalisée par Saul Bass, des génériques auxquelles les élèves ont particulièrement été réceptifs en général et en particulier à celui de La mort aux trousses.
La mort aux trousses donc au générique d’une inventivité folle comme d’un rythme incroyable, annonçant de manière pour le moins perspicace avec cet infernal défilement des lettres à l’écran (que la partition du grand Bernard Herrmann rend encore plus vertigineux) le sort réservé à notre protagoniste qui n’aura de cesse de fuir, de s’échapper, d’aller et venir, pris au piège qu’il est d’une erreur d’identité sur sa personne. Comme quoi être pris pour quelqu’un d’autre a toujours des inconvénients, comme aura pu l’apprendre à ses dépends George Kaplan ou plutôt Roger Thornhill auquel l’acteur Gary Grant aura su apporter sa présence autant que sa prestance. Et, incontournable, nous en aurons profité au passage pour regarder la fameuse séquence de rendez-vous au milieu de nulle part. Un endroit considéré à tort comme permettant de voir venir le danger de loin alors qu’au contraire il n’offrira aucun endroit où se cacher ni aucun moyen de s’échapper...
Et bien sûr je tiens à en profiter également pour sincèrement remercier les membres du ciné-club (occasionnels comme permanents) qui auront fait montre d’une passion comme d’une curiosité pour les moins bienvenues.