Concours Star Wars : les cas particuliers

(actualisé le ) par Manfred Oukaled

Avant de donner les noms des heureux et heureuses élus, un dernier état des lieux quant aux réponses apportées (sachant que faute de temps un dernier article faisant une synthèse plus exhaustive des réponses sera publié mais seulement pendant les vacances)...

Laissons la parole aux élèves afin que chacun puisse se faire une idée.

La volonté de George Lucas
Réenchanter le monde donc mais encore ? Pour Fanny B (401) « l’intention était de faire oublier aux américains leurs difficultés ». Prendre de la hauteur en quelque sorte, au sens propre comme au sens figuré… D’autant, comme le rajoute Julien S. (505)

que « rien que par le titre donné (Star Wars : a new hope) le scénariste/réalisateur est en contradiction avec le sentiment d’inquiétude naissant de l’époque » tandis qu’Emma O. (404) « imagine qu’il a voulu se démarquer des films de l’époque très ancrés dans le réel car préoccupés par elle en créant un univers imaginaire totalement futuriste ». Bref, « un conte qui n’est absolument pas le reflet d’une société en proie à ses contradictions ou critique vis-à-vis d’elle-même » comme le clame haut et fort Inès C (603
).

Les personnages
Alexandre B. (501) a choisi Han « car il est mystérieux dans la mesure où nous ne savons rien sur son passé. De plus, il a la classe en toutes circonstances, un peu comme James Bond. » Et son humour comme sa décontraction sont également fort appréciés, comme le confirme Heidi K. (401) : « On croit au début que le personnage est méchant, égoïste, prétentieux, sournois et ne pense qu’à l’argent (ce qui est un peu vrai quand même) alors que par la suite il se révèlera être attachant, héroïque, courageux et fidèle à ses amis et toujours drôle même dans les pires circonstances (« Ce qui est sûr, c’est qu’on va tous mourir un grand coup ! »). » Un avis partagé par d’autres. Ainsi Yann E. (505) : « Harrison Ford incarne à merveille son personnage que j’avais déjà beaucoup aimé en Indiana Jones : il est intrépide, drôle et de surcroît le propriétaire du Faucon Millenium. » ou Louis L. (603) : « Han est marrant en restant sérieux et vous entraîne toujours dans d’intrépides aventures. »
Pour ce qui est de Yoda, si ce qu’il dit est toujours de bon sens, c’est surtout sa façon de le dire qui amuse autant qu’elle intrigue, notamment Léo M. (504) : « Nous sommes toujours obligés d’être attentifs à ce qu’il déclare car il ne parle comme personne d’autre. ». Félicité M. (501) en dresse elle un portrait juste et élogieux : « Il incarne à mes yeux la sagesse à l’état pur et est unique en son genre car c’est le seul lutin vert avisé de l’univers. ». Mais peut-être est-ce René (un des AED du collège) qui en dresse le portrait le plus juste, le présentant comme « un mélange de sage bouddhiste, d’elfe, de moine, de prophète et de druide. Sans lui, Star Wars ne serait pas Star Wars ! »

Rey, un cas particulier
Elle apparaît à leurs yeux comme le symbole de l’espoir retrouvé, de la liberté, du renouveau de la Force, de l’audace et du coup de la renaissance des Jedi. Et actualité oblige, même si elle n’a été choisie par aucun élève comme personnage préféré, c’est d’elle dont il est le plus question. Les hypothèses concernant son avenir divisent les élèves en 2 camps bien distincts entre ceux qui pensent qu’elle est la fille de Luke et ceux qui pensent qu’elle est la fille de Luke et de Han. Quoiqu’il en soit, ces 2 camps se rejoignent lorsqu’il s’agit d’affirmer qu’elle devra se confronter au côté obscur même si à partir de là les avis divergent à nouveau : certains souhaitent qu’elle bascule définitivement de ce côté-là tandis que d’autres espèrent qu’elle va juste la « fréquenter » afin de s’en servir. Une histoire d’amour -d’amour impossible alors !- entre elle et Poe Dameron ne serait pas pour déplaire aux collégiens. Yan E. (505) voit en elle une représentante de « l’égalité entre les hommes et les femmes car jamais auparavant nous n’avions vu de femme Jedi prenant une telle importance. » Pour Julien S. (505
) « elle symbolise la pérennité de la lutte du Bien contre le Mal. » Afin de conclure sur Rey, je laisse la parole à Félicité M. (501) qui en parle avec une poésie bienvenue : « Rey est comme le roseau qui se courbe face au vent mais ne rompt jamais. Elle est porteuse de ce message qui dit que tout n’est pas perdu et qu’il reste une grandeur d’âme en ce monde capable de bouleverser l’ordre établi. »

« Nul par la guerre ne devient grand. »
Qu’en penser ?
Selon Léo M. (504) « cela veut dire que le fait de tuer ou de se battre ne rend pas grand. Seul compte le fait de servir une noble cause… ». Ce serait en effet se rabaisser que d’avoir recours à la violence puisque la Force « s’apparente à une forme de religion ou de méditation qui devrait permettre de régler les éventuels conflits par la réflexion » comme le précise Madame Pierre. En effet, comme le déclare Arthur P. (403) « le désir de toute puissance ne permet pas l’accomplissement de l’être humain. Les compromis et le dialogue doivent être privilégiés afin d’épargner des vies. ». Esprit éclairé, Félicité M. (501) va même jusqu’à évoquer Gandhi dans cette volonté ou plutôt cette démarche de non recours à la violence puisque « par le conflit on ne résout rien » tandis qu’Emma O. (404) est davantage dans la contradiction puisqu’elle « pense que si en temps de guerre la fin ne justifie pas les moyens face aux faits les limites sont cependant difficiles à trouver. Comment savoir comme nous réagirions ? ». Enfin, éclairé, René déclare que « plus que les vies que l’on prend ce sont les vies que l’on sauve qui importe ». Pour Madame Pierre "la guerre est l’arme des totalitarismes et de ceux qui veulent le pouvoir alors que la maîtrise de la Force est plus spirituelle, s’apparentant à une forme de méditation voir de religion".

L’acte le plus grave commis par Anakin selon eux a été :
- d’avoir massacrer les hommes de sable (ainsi que des femmes et des enfants)
- de s’être mis à dos Obi Wan Kenobi
- d’avoir trop voulu retrouver sa mère et aimer Padmé
- de tuer les jeunes padawan
Mais l’argument le plus troublant aura été avancé par Nathan R. (501) qui souligne un paradoxe pour le moins intéressant. Un paradoxe soulevé par aucun autre élève. En effet, il écrit : « Son acte le plus grave est d’avoir eu 2 enfants avec Padmé puisque par la suite c’est le fait de croire -à tort- qu’il est responsable de leur perte qu’il basculera du côté obscur. Cependant, lorsqu’on connaît le rôle crucial que Luke et Leia joueront dans la lutte contre la Rébellion, on ne peut que se féliciter de leur venue au monde. » Pierre M. (504
) quant à lui distingue avec bon sens "le crime prémédité donc abominable et inexcusable des jeunes padawan de celui passionnel donc plus compréhensible de Padmé".

L’Empire, un régime totalitaire ?
Tous les élèves sont d’accord pour le dire même si tous ne sont pas parvenus comme Bintia M. (302) à en faire la synthèse comme elle a su le faire :
- le régime totalitaire est dirigé par un chef unique et charmisatique autour duquel se crée un culte (l’empereur Palpatine)
- il possède une force armée ainsi qu’une police qui pratiquent la terreur afin d’entretenir la suspicion et la dénonciation
- il oblige à croire en une idéologie qui ne tolère ni contestation ni remise en cause
- il élimine, déporte ou emprisonne tout ce qu’il considère comme "ennemi"
Autant d’éléments auxquels Arthur P. (403) rajoute la propagande et l’absence ou plutôt la restriction des libertés de penser et de circuler des citoyens. Julien S. (505
) va encore plus loin en évoquant l’endoctrinement, le nivellement culturel, la ségrégation, le féodalisme et l’esclavage.
Sur ce point Fanny B. (401) nous a apporté également ses lumières en ayant l’originalité en plus de répondre comme il se devait de citer cette très belle et brillante réplique de Padmé au moment ou le Sénat vote les pleins pouvoirs à Palpatine : "C’EST TOUJOURS PAR LES APPLAUDISSEMENTS QUE MEURT LA DEMOCRATIE".

La question morale jamais évoquée quant à la destruction de l’étoile noire est la mort des centaines d’innocents y travaillant sans que cela un choix délibéré de leur part mais plutôt une obligation imposé par L’Empire. En effet, il faut savoir qu’elle accueillait en son sein 27 000 officiers, 774 000 membres d’équipage, pilotes et soldats, 400 000 techniciens ainsi que 25 000 stormtroopers. Des chiffres impressionnants qui ne représentent que le minimum de l’équipage nécessaire à son fonctionnement.

La Force
Face à cette question les élèves se sont beaucoup attardés sur la manière de s’en servir ainsi que sur ce qu’elle représentait pour les Jedi ainsi que son origine mais un seul élève, Nathan R. (501), a su répondre comme je l’attendais en écrivant : « La Force en tant que telle n’a aucune finalité. » En effet. Elle serait assimilable en ce sens aux 4 éléments que sont l’eau, le feu, la terre et l’air. Ils n’ont pas de raisons d’être, ils existent.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus ?
Il en va en effet de ce concours comme des autres : c’est le semblable principe qui prévaut même si je tiens à remercier chacun d’entre eux pour le temps et l’énergie (cérébrale) qu’ils y ont consacrés.

Allez, les voici enfin les 6 gagnants (au lieu des 3 prévus eu égard à la participation quantitative comme qualitative).

1) Félicité M. (501)
2) Emma O. (404)
3) Fanny B. (401)
4) Julien S. (505)
5) Nathan R. (501)
6) Bintia M. (302)

Pourquoi eux ?
Parce que d’originalité, de profondeur et d’originalité ils auront su faire preuve avec une manière de l’exprimer qui m’a marqué et plu.

A ces 2 élèves j’ajoute les 4 suivants qui recevront quelques « goodies » afin de les récompenser, dans une moindre mesure, pour leurs efforts :

7) Pierre M. (503)
8) Heïdi K. (401)
9) Arthur P (403)
10 Léo M. (504)

Les élèves seront conviés ensemble la semaine prochaine au foyer afin de recevoir leurs cadeaux et d’être pris en photo afin de célébrer cet événement.