Concours d’éloquence : la finale

(actualisé le ) par Valérie Sinson

Ça a commencé comme ça, par une simple histoire de bouche à oreille, de transmission. Un concours d’éloquence organisé à quelques pas de là, à St Germain en Laye, sur le modèle d’Eloquentia, grand concours d’éloquence ayant lieu à Saint-Denis sous l’égide du formidable avocat Bertrand Perrier. Il est plus aisé de faire comprendre l’importance de la parole aux lycées qu’à de jeunes collégiens, réticents à se montrer au public, à prendre la parole en classe, si soucieux de leur apparence et du jugement des autres. Comment, en très peu de temps, susciter l’envie de se mettre en scène et disons-le franchement, de prendre le risque de s’exposer ? Il en faut du courage et de l’audace ! Qui, parmi nous – professeurs, parents, membres du collège – aurait franchi le pas à leur âge ?
Une fois le reportage « Eloquentia » diffusé à l’ensemble des classes, une cinquantaine d’élèves ont accepté de relever le défi. Très vite, nous avons admiré leur maturité et leur envie de progresser : pour certains, le but était de s’améliorer à l’oral, de se rassurer pour les oraux de 3e ; d’autres l’envisageaient plus comme une expérience enrichissante, voire comme un simple jeu.
S’en sont suivies nos séances de préparation : heure après heure, nos orateurs ont écrit leur texte, se sont entraidés, ont déclamé, ont joué, se sont observés, admirés, encouragés. C’est avec un sérieux exemplaire et avec une grande bienveillance qu’ils sont venus s’entraîner.
Tous nos orateurs ont vite compris que l’éloquence se travaille. Comment manier la langue française pour faire rire ? Pour convaincre ? Pour émouvoir ? Comment varier les tons, comment se déplacer, comment allier théâtre et argumentation ? Comment calculer ses effets en faisant pourtant abstraction du jugement des autres ? C’est tout un art qu’ils ont appris à maîtriser et chacun a su garder son authenticité et se dévoiler avec pudeur et subtilité.
Si leur feuille tremble parfois, leur regard est assuré, volontaire, soucieux. Certains, paniqués, se raccrochent comme des équilibristes à leur texte : ils y entrent complètement et surmontent leurs propres peurs. Ils dépassent nos espérances : ils se lancent dans l’arène avec leur dose d’insouciance et nous emmènent dans leur univers avec une grâce déconcertante. Ils jouent de leur image, s’amusent de leurs défauts, nous interpellent avec aisance.
Tous ont le sourire de la victoire, de la victoire sur eux-mêmes. Quelle émotion de voir que ces jeunes ont compris l’intérêt de manier les mots avec dextérité, pour mieux convaincre, pour mieux émouvoir, pour mieux manipuler leur auditoire (avec modération), et tout simplement pour jouer avec le langage.
Pour la finale, il n’est pas anodin de voir qu’une élève personnifie la langue française en Nouvelle Star et qu’une autre souhaite mettre son éloquence au service des plus faibles. Alors nous nous disons que nous avons tout gagné : transmettre l’utilité et la beauté de la langue française.

Un immense merci à tous les participants, à nos 5 formidables finalistes, et en particulier à notre grande gagnante Diana !

Hélène Roujansky et Valérie Sinson, organisatrices du concours